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Ajaccio : deux ans requis contre l'ancien directeur du Crédit Agricole

Dimanche 14 avril 2019 à 20h31
Catégories : CREDIT AGRICOLE, Revue de presse

Guy Charbit comparaissait hier devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio pour "agression sexuelle aggravée". Une salariée de la banque accuse l'ancien directeur régional d'attouchements. Le verdict a été mis en délibéré au 10 mai
 
De l'aveu même de ses collaborateurs, Guy Charbit est "un charmeur, un séducteur qui a le compliment facile". Ses détracteurs, eux, estiment que "son attitude met les femmes mal à l'aise". Le 10 mai prochain, l'ancien directeur de la caisse régionale du Crédit Agricole, désormais à la retraite, sera fixé sur son sort judiciaire.
 
Il comparaissait, hier, devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio pour des faits "d'agression sexuelle par personne abusant de l'autorité que lui confère sa fonction". Le ministère public, représenté par Adrien Roux, a requis deux années d'emprisonnement, dont une avec sursis. Le tribunal a mis le verdict en délibéré. Il sera rendu dans un mois.
 
C'est une salariée de la banque, travaillant à Ajaccio, qui met en cause le directeur. Le 1er juillet 2016, elle porte plainte pour des attouchements qu'elle aurait subis dans l'après-midi, dans le bureau de son supérieur, au cours d'une réunion de travail sans aucun témoin direct.
 
Selon la chronologie des faits, rapportés par la présidente Bénédicte Boisselet, la jeune femme a porté plainte dans la soirée puis s'est rendue au centre hospitalier Notre-Dame de la Miséricorde pour "une urgence psychiatrique". Elle en serait ressortie aux alentours d'une heure du matin.
 
"Pourquoi ma cliente mentirait-elle ?"
Hier, les débats ont soldé près de trois ans de procédure et il aura fallu attendre l'audience publique pour que deux points fondamentaux y soient abordés.
Le premier, soulevé par la partie civile, tente de répondre à la question posée par Me Emmanuel Maestrini : "Pourquoi ma cliente mentirait-elle ?". De sa voix basse, un brin éraillée, Guy Charbit tente d'avancer une explication. "Elle occupait un poste de juriste en intérim, en remplacement d'une collègue en maladie. Elle avait comme obsession d'obtenir ce poste définitivement. Pour des raisons d'organisation, j'avais décidé de diviser les responsabilités que cumulait la personne en maladie. Ce qui avait pour conséquence de ne pas la remplacer au même salaire."
L'étonnement se lit sur le visage de la plaignante, cherchant du regard ses soutiens dans la salle. Me Maestrini tente de démonter la thèse de l'instrumentalisation. "Selon de nombreux témoignages, ma cliente était en pole position pour l'obtention de ce poste. En quoi le fait de vous dénoncer aurait favorisé son ascension ?".
Il est alors question d'indices, de gratification salariale, de cuisine interne à l'établissement bancaire. Puis de rapport à la hiérarchie. "Je ne peux pas répondre pour elle, je ne suis pas dans sa tête, explique le prévenu. Le poste qui devait lui être confié l'emmenait sur un processus plus long pour obtenir l'indice qu'elle visait. Je suppose que comme j'étais le directeur et que je décidais, elle a voulu me nuire."
 
Las de se justifier, Guy Charbit s'affaisse sur le banc des prévenus, demande une seconde pour souffler et croque un morceau de sucre. "Vous n'avez jamais avancé ce début d'explication en presque trois ans, s'étonne la partie civile. C'est étonnant de découvrir cette version aujourd'hui."
 
Les copains d'abord
L'ébauche d'un "mobile" de la part de la défense peine à convaincre le ministère public. Dans son réquisitoire, Adrien Roux fera part de ses doutes sur "les raisons qui auraient poussé la plaignante, dont la trajectoire professionnelle est ascendante, à se tirer une balle dans le pied".
Mais c'est un autre élément, versé au dossier la veille de l'audience, qui va faire basculer les débats dans une brève cacophonie.
Lors des auditions menées par les enquêteurs, l'une des collègues de la plaignante a déclaré que cette dernière, le soir des faits présumés, assistait à un concert sur la place du Diamant.
En effet, le 1er juillet 2016, l'émission Les copains d'abord est tournée dans le coeur d'Ajaccio. De nombreux artistes insulaires et nationaux y participent. "Mais pas moi, réfute la plaignante. J'étais au commissariat puis à l'hôpital."
 
Me Jean-François Casalta exhibe son ordinateur portable et demande à la présidente de soumettre une vidéo à l'attention du tribunal. "C'est un élément nouveau, que j'ai eu en ma possession hier soir, précise le conseil de la défense. Après un visionnage attentif des images, on y voit la personne qui accuse mon client, en plein milieu de la foule, assister au concert. Elle a donc menti éhontément aux enquêteurs et nous doutons qu'elle se soit rendue à l'hôpital."
 
Le tribunal s'agglutine autour de l'écran, rapidement rejoint par les représentants du ministère public et de toutes les parties. "Ce n'est pas moi, insiste la plaignante. Il y a des scellés sur les vêtements que je portais ce jour-là, vous n'avez qu'à vérifier."
Face à l'insistance de la défense, elle rugit : "Ce n'est pas moi, c'est fou cette mauvaise foi."
 
À front renversé, les plaidoiries vont se conclure par le début. Par ce que Me Raphaëlle De Constanza, avocate de la défense, appelle "le coeur d'un dossier d'agression sexuelle" : la scène. "Dans les souvenirs gestuels d'une scène d'attouchements, si on choisit d'être précis, on ne peut pas rajouter des détails dans les déclarations suivantes. C'est pourtant ce que fait madame en modifiant son récit, argumente l'avocate en mimant le propos. Il ne faut pas être gêné de parler de la scène. Si vous êtes gênés, c'est que vous partez du postulat que la plaignante est victime."Sur ce dernier point, le tribunal se prononcera le 10 mai.
 
 


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