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Crédit Agricole : chronique d'une réorganisation annoncée

Samedi 24 octobre 2015 à 09h25
Catégories : CREDIT AGRICOLE, Revue de presse

Faute d'un compromis avec le nouveau superviseur européen des banques sur son futur statut, le Crédit Agricole a reporté la refonte de ses structures. Mais, dans l'esprit de ses dirigeants, la réorganisation est plus que jamais à l'ordre du jour.
 
Le projet est resté secret pendant des années. Mais, en août dernier, Philippe Brassac, le nouveau directeur général de Crédit Agricole SA (Casa), a pour la première fois évoqué publiquement les grandes lignes du plan de réorganisation de son groupe… pour annoncer aussitôt que cette grande réforme était reportée sine die. La raison de ce report ? Le Crédit Agricole et le nouveau superviseur européen des banques, la BCE, n'ont pas réussi à trouver un terrain d'entente sur le statut du futur groupe remodelé. Les nouveaux dirigeants de Casa n'ont pas pour autant jeté l'éponge. Le projet est mis entre parenthèses pour une durée indéterminée, le temps que la BCE inscrive à son agenda la question du statut particulier demandé par le Crédit Agricole pour aller au bout de sa réforme.
 
Pourquoi une telle persévérance ? Pour les tenants du changement, il s'agit de faire - enfin - de la Banque verte un véritable groupe. Car, aujourd'hui, formellement, ce groupe n'existe pas. « Nous avons une juxtaposition de structures, un agrégat, le groupe n'existe qu'à travers des consolidations comptables », analyse un bon connaisseur de la maison. De fait, l'établissement est bicéphale, avec d'un côté 39 caisses régionales de plein exercice, représentées par une Fédération chargée de « fabriquer du collectif librement consenti ». De l'autre, Crédit Agricole SA, la structure cotée en Bourse, qui fait à la fois office de holding des grands métiers et des filiales européennes de l'établissement (banque de financement et d'investissement, crédit à la consommation, LCL, Cariparma…) et d'organe central des caisses régionales. Une curieuse construction, puisque, via cet organe central, Casa contrôle les caisses régionales - par délégation du superviseur bancaire -, alors même que ces dernières sont ses actionnaires majoritaires, à 56 %…
 
Ce schéma, en vigueur depuis la mise en Bourse de Casa en 2001, a entraîné une bipolarisation du Crédit Agricole, qui n'a fait que s'accentuer, et s'est traduite par des rivalités de pouvoir avec la « Fédé ». Mais l'essentiel n'est peut-être pas là. Jusqu'à la tempête financière de 2007, la Banque verte vivait avec la certitude qu'elle resterait, d'année en année, la même en un peu plus grosse. Mais la crise et les obligations réglementaires imposées depuis lors aux banques rendraient désormais nécessaire un pilotage unique et coordonné du Crédit Agricole.
 
Nouveau cadre réglementaire et montée en puissance de la banque digitale ont rendu urgente, aux yeux de Philippe Brassac, l'unification du groupe. Son projet ROC (« réorganisation de l'organe central ») vise à créer une structure de tête, Groupe Crédit Agricole (GCA), à laquelle seraient rattachés, d'une part, les caisses régionales (actionnaires à 100 % de cette tête de groupe) et, d'autre part, le « new Casa », coté en Bourse, rassemblant les métiers et les filiales. L'organe central (contrôle, agrément des dirigeants, sanctions…) et les « fonctions centrales » (les pôles finances, développement et fonctionnement) aujourd'hui logés au sein de Crédit Agricole SA, remonteraient dans la structure de tête, emportant ainsi 300 milliards d'euros de bilan vers GCA. L'obstacle qui s'est dressé sur le chemin de la nouvelle équipe dirigeante de Casa concerne la répartition des fonds propres liée à cette nouvelle organisation. Du fait de règles complexes concernant l'écrêtement des intérêts minoritaires de Casa, le projet ROC se traduirait par une perte de solvabilité de la tête du groupe, à moins que la BCE autorise le Crédit Agricole à bénéficier du statut IPS (système de protection institutionnelle), dont bénéficient aujourd'hui certaines banques coopératives européennes, notamment en Allemagne. « Dans un dispositif IPS, les fonds propres sont pris en compte où qu'ils se trouvent dans le groupe. On considère que le capital circule », résume un spécialiste. Le groupe mutualiste a donc décidé que, sans IPS, il n'y aurait pas de projet ROC.
 
Ce Graal n'est toutefois pas à portée de main, puisque la BCE s'est attelée à un vaste chantier d'harmonisation des règles entre les pays européens dont elle assure la supervision. Et nul ne sait à ce stade si elle souhaitera intégrer dans son futur corpus le statut particulier d'IPS.
 
Avec l'arrivée au pouvoir de Philippe Brassac, les analystes avaient misé sur une réorganisation imminente du groupe, qui se traduirait par un gain substantiel pour Casa, le véhicule coté devant être en quelque sorte dédommagé pour la perte de ses fonctions d'organe central. L'annonce du report de la réforme au coeur de l'été a jeté un grand froid sur les marchés, l'action dévissant aussitôt de plus de 10 %. Depuis, le groupe a provisoirement mis ROC de côté et voudrait bien que les analystes se concentrent sur son développement commercial. Un nouveau plan stratégique 2016-2019, orienté clients, sera d'ailleurs présenté en début d'année prochaine. Et, pour ce qui est de l'unification du groupe, le plan B consiste pour l'instant en quelques mesures symboliques : Philippe Brassac assiste désormais au conseil de la SAS Rue La Boétie, la structure qui porte la participation des caisses régionales dans le capital de Casa. Le patron de Casa participe également au bureau fédéral de la « Fédé » et à la réunion plénière des 39 directeurs généraux et présidents de caisse régionale. Par ailleurs, après le départ du président de Casa, Jean-Marie Sander, prévu d'ici à la fin de l'année, le président de la « Fédé », Dominique Lefebvre, proche de Philippe Brassac, devrait reprendre ses fonctions pour créer une présidence unique pour le groupe. « C'est de nature à éviter les incompréhensions et les conflits, et cela permettra d'avoir une gestion moins antagoniste du groupe », estime un ancien du Crédit Agricole. 
 
 
 


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