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La gestion de la crise chypriote mine la confiance dans les banques de la zone euro

Mercredi 27 mars 2013 à 10h30
Catégories : FRANCE, Revue de presse

Bruxelles ne veut plus que les contribuables payent pour les établissements de crédit. Pour François Hollande, la garantie des dépôts doit être « un principe absolu, irrévocable ».

La gestion européenne de la crise bancaire à Chypre, confuse et chaotique, fait émerger une question : qui est aujourd'hui à l'abri, en cas de sauvetage d'une banque ?
 
 
Les petits déposants à l'abri
 
François Hollande a martelé mardi soir, lors d'une conférence de presse, que la garantie des dépôts bancaires devait être « un principe absolu, irrévocable », ajoutant que le plan de sauvetage de Chypre était « spécifique, unique, exceptionnel ». Pourtant, seuls les petits déposants, ayant moins de 100.000 euros sur leur compte bancaire, paraissent aujourd'hui protégés. « Ne pas toucher à la garantie des 100.000 euros est la moindre des choses », estime Reine-Claude Mader, présidente de l'association de consommateurs CLCV.
 
Elle rappelle qu'une telle garantie a été fixée dans le marbre par une directive européenne votée fin 2008. Ce symbole de la sanctuarisation des comptes a toutefois été malmené puisque le plan initial pour Chypre prévoyait bien une taxe sur tous les dépôts, finalement retirée sous la pression de la rue et des marchés. « L'Europe s'ingénie à ne pas créer de confiance, déclare aux « Echos » François Pérol, président du directoire du groupe bancaire BPCE. Il faut dire clairement les choses. La situation du secteur bancaire à Chypre était très compromise et c'était un paradis fiscal. Rien de comparable avec la France. Je ne pense pas toutefois que le déposant français va s'en inquiéter : la France n'est pas un paradis fiscal, elle n'attire pas les non-résidents et elle compte beaucoup de petits dépôts. »
 
Pour les dépôts « non garantis », au-delà de 100.000 euros, une nouvelle philosophie s'affirme. « Dans le projet de la Commission européenne actuellement en cours de discussion, il n'est pas exclu que les dépôts de plus de 100.000 euros puissent être des instruments susceptibles d'être utilisés pour un sauvetage », a précisé mardi une porte-parole de Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur.
 
Cette éventualité ne choque pas Reine-Claude Mader : « A part des périodes courtes correspondant notamment à la vente d'un bien immobilier, peu de gens disposent d'une telle somme d'argent en France. » Et de rappeler que les établissements chypriotes rémunèrent les comptes à vue entre 3 % et 10 % sans que l'origine des fonds déposés soit bien identifiée. « Je veux que les droits des particuliers soient préservés, mais les gens qui blanchissent de l'argent, je ne les défends pas », conclut-elle.
 
Faire payer les autres créanciers privés
 
Pour Bruxelles, même si le cas de Chypre n'est pas un modèle, il est clair que le contribuable ne doit plus payer pour les erreurs des banques en difficulté au sein de la zone euro. C'est la philosophie du projet de directive sur la résolution bancaire, déposé en juin par Michel Barnier. Celui-ci permet de forcer les créanciers seniors, voire les déposants au-dessus de 100.000 euros en dernier ressort, à éponger les pertes des banques.
 
Toutefois, le texte précise que ce n'est qu'une possibilité, pas une obligation, signe que Bruxelles reste prudente par rapport à cette mesure jugée sensible. Autre précaution, cette disposition dite de « bail in » n'est censée entrer en vigueur qu'en 2018. Toutefois, cette date fait l'objet d'un vif débat entre les Etats membres : Pays-Bas, Finlande et Allemagne plaident pour que cette date soit avancée à 2015. Les autres pays sont moins volontaires. Les Etats membres sont en tout cas censés tomber d'accord pour un compromis sur le texte d'ici à l'été. Ils entameront ensuite des négociations avec le Parlement européen, qui devrait arrêter sa position fin avril.
 
Les séquelles probables
 
Le flottement dans le règlement de la déroute chypriote et les discussions en Europe sur la résolution en cas de défaillance bancaire risquent de miner la confiance des consommateurs européens, et celle des banques aussi. « Il y aura des conséquences sur le coût de financement des banques, alors que le marché interbancaire souffre déjà, note un grand banquier français. Depuis 2008, les banques ne se prêtent plus tellement en blanc au-delà d'une durée extrêmement courte. »
 
En outre, les mesures annoncées pour Chypre pourraient fragiliser encore davantage les banques des pays du sud de l'Europe. « Concrètement, si vous êtes patron d'une PME du sud de l'Europe qui a plus de 100.000 euros de dépôts en banque, est-ce que vous n'irez pas ouvrir un compte à Francfort en prévision du jour où votre pays se retrouvera sous le feu des projecteurs ? Le risque est d'accélérer et d'amplifier les crises dans les pays sous tension », estime Marie-Pierre Peillon, directrice de la recherche chez Groupama AM.


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