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Les cadres bancaires ont le mal . . . de banque

Jeudi 28 mars 2013 à 14h47
Catégories : FRANCE, Revue de presse

Inquiets pour l'avenir de leur secteur d'activité, près de 60% des cadres bancaires français avouent être à l'écoute, de façon active, des opportunités d'emploi, selon une enquête réalisée par le cabinet de recrutement MichaelPage. Cette proportion n'était encore « que » de 53% il y a quatre mois.
Ce ne sont pas seulement leurs clients que les banques françaises doivent reconquérir. Mais également leurs collaborateurs. Près de 60% (59%, très exactement) des cadres bancaires interrogés par MichaelPage avouent être à l'écoute des opportunités d'emploi, et ce, de façon active, selon un baromètre publié le 26 mars par le cabinet de recrutement. Il y a quatre mois seulement, les cadres bancaires n'étaient encore « que » 53% à être à l'affût d'un nouveau travail. Par ailleurs, 10% seulement des cadres bancaires ne sont absolument pas en recherche d'emploi, le solde de 31% étant à l'écoute, de manière passive, des possibilités d'embauches.
 
 69% des cadres bancaires ont une image positive de leur secteur, contre 89% dans l'assurance
 
Pourquoi les cadres bancaires se sentent-ils mal dans leur job ? « Ils subissent la mauvaise image de leur secteur, et s'inquiètent donc pour leur avenir », explique Anne-Sophie Luçon, « manager exécutif senior » chez Michael Page. En effet, les crises financières de 2008 et de 2011 ont sérieusement entamé le capital-confiance dont les banques jouissaient auprès de l'opinion publique, au point d'inciter le pouvoir politique à réglementer davantage le secteur. « 69% seulement des cadres bancaires ont une image positive des banques, contre 89% dans l'assurance, qui renvoie l'image d'un secteur plus solide, dynamique et responsable », insiste Anne-Sophie Luçon. La vision que les cadres bancaires ont de leur secteur est à ce point dégradée que les deux tiers d'entre eux estiment que les nouvelles règlementations, comme le projet de loi de séparation et de régulation des activités bancaires, ne suffiront pas à redorer son blason.
 
Un stress grandissant
 
Plus prosaïquement, près des deux tiers (61%) des cadres bancaires indiquent que les pressions - réglementaires, concurrentielles - dont les banques font l'objet depuis 2008 rejaillissent sur leurs conditions de travail. Ils dénoncent un stress grandissant, déplorent la course croissante aux résultats commerciaux, « au chiffre. » Leurs rémunérations aussi se ressentent de la crise que traverse le secteur, estiment 57% des cadres bancaires. Une proportion qui grimpe à 64% dans la banque de financement et d'investissement (BFI), où travaillent notamment les traders dont les bonus (rémunérations variables) sont régulièrement blâmés par la vox populi. Mais il est vrai que, plus globalement, les négociations annuelles obligatoires (NAO) au sein des banques françaises, pour 2013, ont sifflé la fin, ou quasiment, des augmentations de salaires collectives.
 
Une chute de 20% des recrutements, en 2012
 
Cet environnement ne risque guère de s'améliorer au cours des prochains mois, ni même des prochaines années. Après les activités de marchés, qui avaient fait les frais de la crise grecque, au second semestre 2011, avec des suppressions de postes, c'est au tour de la banque de détail d'être sur la sellette. Pas seulement en raison de la baisse de la demande de crédits et de la faiblesse des taux d'intérêt. Mais également à cause de l'engouement croissant des clients pour les services bancaires en ligne, qui les conduit à déserter les agences.
Résultat, « en 2012, le produit net bancaire [PNB, l'équivalent du chiffre d'affaires dans le secteur bancaire ; Ndlr] de la banque de détail, en France, a baissé, et ce pour la première fois », soulignait récemment Daniel Pion, associé chez Deloitte. Conséquence, ce traditionnel gros recruteur qu'est la banque n'a embauché que 23.000 à 25.000 personnes, l'an dernier, contre 30.000 en 2011, soit une chute de 20%.
 
Migrer vers l'assurance ?
 
Mais quelles opportunités d'emploi s'offrent aux cadres bancaires ? Changer de crémerie n'est pas si simple. « Ceux qui occupent des fonctions commerciales peuvent envisager plus facilement une reconversion dans d'autres filières, notamment dans le secteur des services. Les reconversions professionnelles sont en revanche plus compliquées pour certaines fonctions support, comme la comptabilité, qui est très particulière dans le secteur bancaire. Les profils financiers confirmés peuvent toutefois envisager des carrières en entreprise, en tant que trésoriers, par exemple », indique Anne-Sophie Luçon. Qui évoque également la possibilité, pour les cadres de migrer vers l'assurance sans pour autant « observer encore de véritables mouvements entre les deux (secteurs), hormis peut être auprès des filiales assurance de groupes bancaires, beaucoup plus ouvertes à l'intégration de profils issus de la banque. »


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